Un chèque émis engage la trésorerie des semaines avant d'être débité. Un chèque reçu ne solde rien tant
qu'il n'est pas encaissé. Voici le cycle de vie complet d'un chèque et d'une traite, et ce qu'il faut
suivre à chaque étape.
Mis à jour le 19/07/2026·Lecture : 7 minutes
L'essentiel en six points
Le chèque est émis par le débiteur et payable à vue ; la traite est
émise par le créancier, acceptée par le débiteur, payable à une date fixée.
Un chèque émis engage la trésorerie dès la signature, pas à la date du débit.
Une facture réglée par chèque n'est soldée qu'à l'encaissement effectif.
Un chèque impayé remet la facture en impayée et fait repartir le retard.
Le carnet à souche est le seul moyen simple de repérer un saut de numérotation.
Chaque banque a son gabarit : un chèque mal calé est un chèque rejeté.
Pourquoi le chèque et la traite restent centraux
Dans le tissu économique marocain, le chèque et la traite ne sont pas des reliques : ce sont des instruments de
crédit interentreprises. Un fournisseur qui accepte quatre chèques post-datés à trente jours d'intervalle
accorde un échelonnement sur quatre mois, sans banque et sans contrat de financement. La traite acceptée joue le
même rôle, avec un engagement formel en plus.
La conséquence sur la gestion est directe : la date de la facture, la date du règlement et la date du
mouvement bancaire sont trois dates différentes, parfois séparées de plusieurs mois. Un outil qui ne
connaît que deux états — payée ou non payée — ne sait pas représenter cette réalité. C'est pourtant le cas de la
plupart des logiciels de facturation généralistes, conçus pour des marchés où le virement domine : ils
enregistrent le règlement à la remise du chèque et referment le dossier. Le poste client paraît alors meilleur
qu'il ne l'est, et l'écart se découvre le jour où un chèque revient impayé.
Chèque ou traite : ce qui les distingue
Comparaison entre le chèque et la traite (lettre de change)
Chèque
Traite (lettre de change)
Qui l'établit
Le débiteur, sur son carnet
Le créancier, qui l'adresse au débiteur
Qui s'engage
L'émetteur, par sa signature
Le tiré, par son acceptation
Échéance
Payable à vue
Date fixe portée sur le titre
Ce qu'il constate
Un paiement
Un engagement de payer à terme
Lequel utiliser
Le chèque convient à un règlement unique ou à une facture arrivée à échéance. La traite convient quand le
paiement est différé et que le créancier veut un engagement écrit avant la date : c'est l'acceptation qui fait
la différence. Le chèque post-daté, très répandu, ne procure pas cette sécurité — il reste un titre payable à
vue, quelle que soit la date qui y figure.
Le cycle de vie d'un chèque émis
Les états successifs d'un chèque émis et leur effet sur la trésorerie
Étape
Ce qui se passe
Effet sur la trésorerie
Émission
Le chèque est signé et remis
Engagement pris, compte non débité
En circulation
Le bénéficiaire le détient sans le présenter
Solde bancaire trompeur
Présentation
Le chèque est remis à l'encaissement
Débit imminent, provision requise
Encaissement
Le compte est débité
Sortie réelle, facture soldée
Le trou invisible dans le solde disponible
Un chèque signé est une dette exigible à tout moment, et tant qu'il n'est pas présenté il n'apparaît nulle part
sur le relevé. Une entreprise qui a émis 180 000 dirhams de chèques encore en circulation et qui lit 200 000
dirhams sur son relevé ne dispose pas de 200 000 dirhams : elle dispose de 20 000. La règle tient en une
ligne — solde disponible = solde bancaire − chèques émis non encore débités — et c'est ce
montant, seul, qui doit servir à décider d'un achat. Un chèque en circulation oublié est un trou invisible dans
ce calcul ; il se manifeste au pire moment, sous la forme d'un rejet pour insuffisance de provision.
Le cycle de vie d'un chèque reçu
Réception. Le client remet un chèque. La créance existe toujours.
Remise en banque. Le chèque est déposé. Le compte n'est pas crédité pour autant.
Encaissement effectif. Les fonds sont crédités : la facture est réglée.
Ou retour impayé. Le chèque revient sans avoir été honoré ; le règlement n'a jamais eu
lieu.
Le point à ne jamais confondre. Une facture réglée par chèque n'est soldée qu'à
l'encaissement, pas à la réception ni à la remise en banque. Entre-temps, la créance reste entière, le client
reste débiteur et le retard continue de courir.
Une entreprise qui bascule ses factures en « payées » dès la réception des chèques croit n'avoir aucun impayé
alors qu'elle porte encore le risque de tous les chèques en attente d'encaissement.
Le chèque impayé
Un chèque revenu impayé n'est pas un incident mineur : c'est l'annulation rétroactive d'un règlement. Côté
créancier, trois conséquences s'enchaînent.
La facture repasse en impayée pour le montant rejeté. Réglée par plusieurs chèques, elle
redevient partiellement payée : seuls les chèques encaissés comptent.
Le retard recommence à courir depuis l'échéance d'origine, pas depuis la date du rejet,
puisque le règlement n'a jamais eu lieu.
Le chèque doit rester tracé, avec son motif de rejet : c'est la pièce qui justifie la
réouverture de la créance.
Du côté de l'émetteur, un chèque sans provision expose à des conséquences légales et bancaires qui dépassent le
cadre de la relation commerciale. Leur nature et leur portée relèvent du droit et de la réglementation
bancaire : faites le point avec votre banque et votre conseil juridique plutôt que de vous
fier à ce qui se dit dans le milieu professionnel. En gestion, une seule conclusion est utile : la provision se
vérifie avant la signature, pas après la présentation.
Le carnet à souche
Un carnet est une plage de numéros continue, et chaque numéro a forcément l'un de trois destins : il a servi à
un chèque émis, il a été annulé, ou il est encore vierge. Il n'existe pas de quatrième possibilité — c'est ce
qui en fait un instrument de contrôle. Un saut de numérotation appelle donc une explication
immédiate : le plus souvent un chèque annulé jamais saisi, parfois un chèque sorti sans trace.
C'est un contrôle interne élémentaire, que n'importe quel commissaire aux comptes attend, et pourtant absent de
beaucoup de PME faute d'outil. Seconde moitié du dispositif : celui qui rapproche le carnet ne doit pas être
celui qui prépare les chèques.
La traite et son échéance
La traite se gère différemment parce que sa date de paiement est connue dès l'origine. Trois moments comptent :
L'acceptation. Sans elle, l'engagement n'est pas formé : une traite envoyée et jamais
retournée signée doit être suivie comme une relance.
L'échéance. Portée sur le titre, elle ne bouge pas et alimente le calendrier de
trésorerie, à l'encaissement comme au décaissement.
Le paiement. Acquis au crédit effectif seulement. Une traite peut revenir impayée, avec
les mêmes conséquences qu'un chèque sur la facture d'origine.
Son avantage en gestion prévisionnelle est de rendre le futur lisible : un portefeuille de traites acceptées
est un échéancier fiable, ce qu'un lot de chèques post-datés n'est jamais tout à fait.
L'impression des chèques
Chaque banque marocaine imprime ses formulaires selon son propre gabarit : la position des zones montant en
chiffres, montant en lettres, bénéficiaire, lieu et date varie d'un établissement à l'autre. Un chèque dont le
montant déborde de sa zone est un chèque refusé au guichet. Trois précautions suffisent :
utiliser un modèle calé pour la banque concernée, jamais un gabarit générique ;
faire un essai sur un chèque annulé avant la première impression sur un carnet neuf ;
marquer le chèque comme imprimé, pour qu'il ne soit pas réimprimé sur un autre numéro.
Floussa permet de créer autant de modèles d'impression que nécessaire, chacun affecté à une ou plusieurs
banques : dimensions du formulaire, position de chaque zone au millimètre, et image de fond pour caler le
rendu. Le modèle se règle une fois par carnet, puis sert à toutes les impressions suivantes. Floussa
enregistre également la date d'impression de chaque chèque, ce qui rend la double impression détectable.
Chèques, traites et loi 69-21
Le lien avec la loi 69-21 sur les délais de paiement est direct et souvent
mal compris. La déclaration trimestrielle repose sur des dates de règlement effectives : pour
un chèque, la date d'encaissement, pas celle de la remise ; pour une traite, celle du paiement à l'échéance,
pas celle de l'acceptation.
Déclarer ses règlements à la date de remise revient donc à déclarer des paiements plus rapides qu'ils ne l'ont
été, parfois de plusieurs semaines. La déclaration est fausse, de bonne foi, et l'écart apparaît dès qu'on la
confronte aux relevés bancaires. C'est exactement le type d'incohérence que la loi sanctionne, alors qu'il ne
traduit qu'un suivi qui ne distingue pas la remise de l'encaissement.
Les erreurs courantes
Compter une remise de chèques comme de la trésorerie disponible. Un bordereau de remise
n'est pas un crédit.
Ne pas suivre les chèques émis en circulation. Le solde bancaire devient un chiffre
décoratif et le risque de rejet croît à chaque chèque signé.
Perdre la trace d'un impayé. Un chèque rejeté non répercuté laisse une créance réputée
réglée : elle ne sera jamais relancée.
Marquer une facture « payée » à la réception du chèque. C'est l'erreur qui produit toutes
les autres, y compris dans la déclaration trimestrielle.
Tenir tout cela dans un tableur. Un tableur ne recalcule pas une facture quand un chèque
est rejeté, ne détecte pas un saut de numérotation et n'alerte sur aucune échéance. Il tient tant que le
volume est faible, puis il ment sans prévenir.
Comment Floussa traite ce sujet
Floussa a été construit dans une entreprise marocaine qui règle et se fait régler en chèques et en traites.
C'est ce qui explique la place que ces instruments y occupent :
les chèques émis et reçus sont suivis avec leur statut réel — émis, en circulation,
encaissé, impayé, annulé — et non par un simple indicateur payé / non payé ;
les carnets à souche sont enregistrés avec leur plage de numéros, ce qui montre à tout
moment quels numéros ont été utilisés et lesquels manquent ;
les traites sont gérées avec leur échéance propre, à l'émission comme à la réception ;
une même facture peut porter un plan d'encaissement à plusieurs chèques, chacun avec sa
date d'échéance et son statut indépendant ;
le statut de la facture est recalculé automatiquement à chaque encaissement et à chaque
rejet, sans intervention manuelle ;
des modèles d'impression paramétrables par banque évitent les chèques mal calés ;
un calendrier des échéances regroupe chèques, traites et virements attendus, dans les deux
sens.
Le reste de l'outil s'appuie sur ces mêmes données : la gestion de
trésorerie pour le prévisionnel et le module de facturation pour
l'émission des documents. Les formules et tarifs sont détaillés sur une page dédiée ;
l'offre gratuite permet de tester le suivi des chèques sans carte bancaire.
Questions fréquentes
Quelle différence entre un chèque et une traite ?
Le chèque est émis par le débiteur et payable à vue : il peut être présenté dès sa remise. La traite, ou lettre de change, est établie par le créancier et adressée au débiteur pour acceptation ; elle porte une échéance à date fixe. Le chèque constate un paiement, la traite organise un paiement différé accepté à l'avance.
Quand une facture réglée par chèque est-elle considérée comme payée ?
À l'encaissement effectif, pas à la réception du chèque ni à sa remise en banque. Tant que le chèque n'est pas encaissé, la créance existe toujours et le chèque peut revenir impayé. Solder une facture dès la réception du chèque donne une image fausse du poste client.
Que faire en cas de chèque impayé ?
Remettre la facture en impayée pour le montant rejeté, faire repartir le compteur de retard depuis l'échéance d'origine, et conserver la trace du chèque avec son motif de rejet. Un chèque sans provision expose par ailleurs son émetteur à des conséquences légales et bancaires : rapprochez-vous de votre banque et de votre conseil juridique.
Comment suivre les chèques en circulation ?
En tenant pour chaque chèque émis son numéro, son bénéficiaire, son montant et son statut réel : émis, en circulation, encaissé ou annulé. Le solde réellement disponible est le solde bancaire diminué des chèques émis non encore débités. Sans ce suivi, un chèque oublié reste un engagement invisible.
Comment imprimer ses chèques au format de sa banque ?
Chaque banque marocaine a son gabarit : la position des zones montant, bénéficiaire, lieu et date varie d'un formulaire à l'autre. L'impression doit reposer sur un modèle calé pour la banque concernée, testé une première fois sur un chèque annulé. Un chèque mal calé est un chèque refusé au guichet.
À quoi sert le suivi du carnet à souche ?
À rattacher chaque numéro d'une plage donnée à un chèque émis, annulé ou encore vierge. Un saut de numérotation apparaît alors immédiatement et appelle une explication. C'est un contrôle interne élémentaire, et l'un des rares moyens simples de détecter un chèque sorti sans trace.
Avertissement
Cette page décrit la gestion opérationnelle des chèques et des traites dans un but d'information générale. Elle
ne constitue ni un conseil juridique, ni un conseil bancaire. Le régime juridique du chèque et de la lettre de
change, et notamment les conséquences d'un chèque sans provision, relèvent de textes que seul un professionnel
du droit peut vous appliquer utilement : consultez votre conseil juridique et votre banque avant toute
décision. Dernière vérification du contenu : 19/07/2026.
Savoir ce qui est encore en circulation
Floussa suit vos chèques et vos traites de l'émission à l'encaissement effectif, carnets à souche compris,
et recalcule vos factures à chaque mouvement. L'offre gratuite ne demande pas de carte bancaire.